Le cinéclub « Univerciné » de l’association Cinewax à la Sorbonne Nouvelle

Cinewax, le cinéma qui crée des ponts entre les cultures.

Créée en novembre 2014, l’ambition du cinéclub « Univerciné » de l’association Cinewax est de promouvoir les cultures africaines par l’organisation de séances régulières dans des cinémas. L’objectif est de créer un pont culturel entre les pays grâce au septième art – mais pas que. A long terme, Cinewax souhaiterait créer un réseau de salles de cinéma au Sénégal, dans une démarche de démocratisation de la culture et de création d’emplois.

Aujourd’hui les cinémas y sont quasi-inexistants. On dénombre une salle de cinéma pour 6 millions d’habitants. L’association compte bien remédier à cela en créant des espaces culturels où les jeunes pourront se réunir, se cultiver ou même se former aux métiers de l’audiovisuel.

Cinewax c’est donc une formidable association, jeune et dynamique, qui crée du lien entre des cultures différentes grâce à des projets cinématographiques engagés.

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Les sociétés africaines en mutation

Cette année, la programmation du festival Cinewax questionne les identités et les évolutions des sociétés africaines. Dans cette optique, le mercredi 2 novembre 2016, une projection d’un des chefs d’oeuvres du réalisateur sénégalais Ousmane Sembène, Ceddo, a eu lieu à l’université Sorbonne Nouvelle – Paris 3.

Ousmane Sembène est indéniablement le fondateur d’un cinéma africain contemporain. En 1966, avec le film La Noire de …, il devient le premier africain noir à réaliser un long-métrage. Très connu pour son engagement politique et social, il est à l’origine d’une prise de conscience, par le biais du cinéma, des mutations subies par les sociétés d’Afrique de l’Ouest.

Réalisé en 1977, le film Ceddo, relate les troubles politiques et religieux au sein d’un royaume sénégalais. L’enlèvement de la fille du roi déclenche des conflits entre musulmans, chrétiens et animistes, qui auront une fin macabre. Sur fond de fresque historique, Ousman Sembène dénonce, à travers les habitants Ceddo, la caste des paysans pauvres et animistes ainsi que l’exploitation des africains pendant la colonisation. Il remet également en question les fondements légitimes de l’islam et du christianisme, religions qui ont tendance aujourd’hui à se présenter comme les religions naturelles des africains ; or, le réalisateur montre ici qu’elles se sont imposées par la force et la contrainte et pour des raisons plus économiques et démagogiques que spirituelles. Ceci explique certainement pourquoi le film a été interdit à la projection et à la diffusion au Sénégal jusqu’en 1984 par le président Léopold Sédar Senghor. C’est à la fois un film subversif, engagé et d’une grande richesse historique. A voir absolument si l’on souhaite en savoir davantage sur la culture sénégalaise.

 

Retrouvez toutes les actualités de Cinewax sur leur site internet : http://www.cinewax.org
et sur leur page Facebook : https://www.facebook.com/Cinecinewax/
L’événement à la Sorbonne Nouvelle : https://www.facebook.com/events/111584205982638/

 

Leila Alaoui et la redécouverte de l’identité marocaine

Leila Alaoui est une artiste franco-marocaine, décédée en janvier dernier à l’âge de 33ans à la suite d’un attentat à Ouagadougou, en plein reportage pour Amnesty International.

Les Marocains
Les Marocains

À la croisée des cultures occidento-orientales, cette jeune photographe a mis son talent au service de l’exploration identitaire des différentes ethnies marocaines, dans son œuvre intitulée « Les Marocains ».

Après avoir étudié dans les lycées français du Maroc, puis diplômée de l’Université de New York City, Leila Alaoui est retournée sur les traces de ses ancêtres en faisant le tour du Maroc avec son studio photo mobil pour réaliser une série de portraits d’hommes et de femmes de tous âges.

Cette collection, exposée à la Maison Européenne lors de la première biennale du Monde Arabe en partenariat avec l’Institut du Monde Arabe, donne à voir les singularités culturelles des différentes populations locales dont l’esthétique traditionnelle tend à être oubliée au profit d’un Maghreb en proie à la modernité et au changement. Ces différents clichés sur fond noir sont d’autant plus authentiques qu’il a fallu à cette jeune artiste une force persuasive certaine pour convaincre des habitants du désert de se laisser photographier dans un pays où l’image et le paraître contrastent avec la pudeur et la simplicité locale. Sur ce même fond noir jaillit également l’éblouissance des couleurs chaudes de l’Afrique, la finesse des traits identitaires et la particularité des costumes anciens.

Par sa vision artistique, Leila Alaoui a su questionner l’individu social et culturel. Le portrait du jeune garçon âgé d’à peine vingt ans est, en particulier, à couper le souffle. Vêtu d’un habit traditionnel aux couleurs locales, il devient la figure héritière des habitudes passées, et le moyen par lequel ces dernières subsisteront.
C’est donc la puissance esthétique et identitaire des traditions que Leila Alaoui photographie.

Imane Assaad

Ce que les 400 vues me donnent à voir et à penser

– par Jérémie Duhauga, étudiant en philosophie

AP2i travaille pour l’interculturalité dans l’espace euro-méditerranéen et Les 400 vues est une exposition de 400 photographies d’une seule et même ville. On peut donc légitimement se demander en quoi ce projet si local, si focalisé sur la capitale française, correspond bien aux ambitions de l’association qui l’a mis en place. N’aurait-il pas été plus pertinent de demander à des photographes de fournir des clichés de leurs propres villes, de nous donner à voir leurs propres cultures « en situation » ? L’exposition aurait sûrement été plus variée, plus colorée, plus exotique, mais peut-être l’interculturalité ne commence-t-elle véritablement que là ou l’exotisme prend fin ; car que serait-il advenu de la communication entre les cultures dans une exposition qui aurait tout aussi bien trouvé sa place dans un musée d’anthropologie ?

Ce que montre nettement cette exposition et le travail d’AP2i, c’est que l’interculturalité ne consiste pas en une connaissance uniquement extérieure de la culture d’autrui (il ne s’agit pas seulement de savoir « qu’ailleurs ils font comme ça »), et le projet des 400 vues en met en pratique une conception beaucoup plus forte et politique. Par le choix d’un espace neutre : Paris, et l’élaboration d’un projet commun : photographier cette ville que chaque participant a découverte à l’occasion de la rencontre, AP2i nous donne à voir et à penser une interculturalité aussi éloignée de l’exaltation de la différence pour la différence que de l’absorption des cultures locales dans une super-culture globale. En effet, c’est dans un espace commun que la culture de l’autre m’est donnée à voir, et non plus chez lui. Ainsi, sa culture ne m’apparaît plus « en situation » et de manière pittoresque, mais devient un élément d’une situation toute nouvelle et à construire ensemble. C’est l’égalité de la découverte qui permet la neutralité de l’espace à découvrir, et c’est seulement dans un tel espace que la communication peut commencer sans qu’aucun ne regarde l’autre comme une pièce de musée ou un objet folklorique.

Rien ne pouvait donc être plus adapté aux ambitions d’AP2i que de traiter Paris comme un espace commun à éclater dans le regard de chacun et à reconstruire ensemble à travers une exposition collective, et dans lequel chacun aurait autant à apporter que tous les autres. Choisir de photographier Paris depuis cette variété d’ancrages culturels, multiplier les point de vue sur cet objet commun, c’est assumer le refus de faire se rencontrer des clichés, des caricatures de mœurs et de valeurs, c’est assumer que l’interculturalité concerne avant tout des personnes qui ont eu la chance de ne pas grandir ensemble.

Reza et sa photographie, un regard sur autrui

Le 13 avril dernier, la Cité Internationale Universitaire de Paris organisait une conférence autour du photo-journaliste Reza. Le Meet & Tweet mis en œuvre permettait d’écouter cet humaniste aborder “l’image de l’autre” et son ambition de “permettre à chacun de devenir acteur de sa propre vie, et montrer les singularités de tous pour nous rendre indifférent aux différences.” AP2I était présent à l’intervention de ce philosophe inspirateur et voici ce que nous en avons retenu.

D’origine Iranienne, ce partisan de la paix a voyagé à travers la planète pour saisir des regards émouvants. Les portraits qu’il réalise sont publiés entre autres dans le National Geographic et sont reconnus pour leur caractère saisissant. Il a la volonté de mettre en valeur les diverses cultures afin de les faire dialoguer. “Le thème de l’image de l’autre, c’est ce que je fais constamment. Pour moi les médias sont un moyen d’expliquer l’image de l’autre” narrait-il. Chacun de ses reportages est pour lui une manière de transmettre ce qu’il a appris à travers ses rencontres.

L’image comme langage universel

Reza envisage la photographie comme un moyen d’expression pouvant être compris à travers le globe. Rappelons-nous l’épisode biblique de la Tour de Babel qui raconte comment les hommes ont voulu construire une immense tour et comment, pour les punir de leur vanité, ils ont été condamnés à ne plus se comprendre, séparés par de multiples langages. L’animateur demande à Reza s’il est possible, grâce à l’image, d’outrepasser ce fameux mythe de désunification linguistique. Il répond que celle-ci prend de plus en plus d’ampleur et pourrait mener à une compréhension commune. Le photographe fait alors référence à l’utilisation frénétique de smileys dans les conversations et nous démontre que, de nos jours, bien après les hiéroglyphes, des signes résistent. Il s’agit selon lui d’une preuve que nous allons vers une civilisation où l’image devient essentielle pour communiquer.
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“Pour moi l’image est la plus grande langue que l’humanité ait jamais connue, elle devient un langage universel, on peut aussi bien montrer des images au Japon, en Chine, en Afrique, en Amérique centrale, pour que les gens aient le même genre de conversation. C’est l’histoire des êtres qui m’intéresse. J’essaye dans mon travail de m’effacer en tant que photographe, de façon à ce que quand quelqu’un regarde une image, il ne pense pas au photographe qui a fait la photo mais la personne qui est en face de lui. C’est créer ce face à face qui m’importe.”

Bien entendu, il ne nie pas que certaines cultures ont des codes différents, notamment pour les couleurs. Le blanc en Corée et en Chine correspond au deuil et non au mariage, ce qui mène parfois à des confusions interculturelles. Selon l’éducation et la culture, l’interprétation d’une image et toute sa symbolique peut aussi sensiblement varier. Reza est néanmoins certain qu’elle peut être lue par tous, même si parfois certains signes seront décryptés différemment.

Le langage ordinaire nécessite l’apprentissage d’un alphabet, pour celui de l’image il est utile de s’approprier les techniques photographiques. En ce qui concerne le temps requis pour les assimiler, il explique que l’appareil photo est comme un instrument de musique, ainsi, certains apprendront plus rapidement. “C’est pas l’appareil, c’est aussi tout ce que vous avez dans le cœur qui importe”.

Pour lui, les enfants devraient avoir la possibilité de s’exprimer à travers la photo afin qu’ils nous livrent, sans mots, leur histoire. “Je ne suis pas venu à la photographie par l’amour de l’art, c’est à un moment, à 9-10 ans, je voyais des scènes dans ma rue et je voulais les montrer aux gens.”

L’image pour aider l’autre

Reza milite pour la paix et l’entente entre les peuples et se sert de l’image afin de mener des actions altruistes. Il a notamment œuvré à réunir des enfants et leur famille séparés par l’exode qui a suivi le génocide du Rwanda. Sur 12 000 enfants pris en photographie, 3500 ont retrouvés leurs parents grâce à son projet. “La photographie va au-delà de ce que l’on voit et ce que l’on comprend. C’est en train de créer une nouvelle ère de résistance. Combien d’actions ont été menées grâce à la photo ? Combien de personnes ont changé leurs avis sur des événements en voyant des photographies ?” Il croit au pouvoir mélioratif de la photographie sur l’humanité.

Il a également fondé l’ONG AINA pour former aux médias des femmes afghanes. Grâce à cette institution, un journal des femmes a été conçu ainsi qu’une radio, un magazine pour enfants et un cinéma itinérant allant de villages en villages.

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Convaincu que l’image est un outil communicationnel essentiel, il offre des formations à l’image aux jeunes. Ainsi il a transmis sa passion à des adolescents de banlieues défavorisées dont Toulouse (Mirail).Peu de gens savent ce qui se passe dans les banlieues autour desquelles ils vivent. Les gens disent que c’est risqué d’aller dans ces quartiers. Après six mois de formation, les jeunes montrent des photos d’une poésie incroyable et ceux qui les regardent se disent “c’est comme chez nous”. C’est ça qui est important, c’est de créer ce lien social. Les banlieues ce sont les crises d’identité, la photo permet de dépasser cela.” Un dialogue peut être engendré par l’image pour évincer les préjugés.

En Syrie, en Irak ou encore au Kurdistan, c’est à des enfants de camps de réfugiés qu’il s’est attaché. En leur apprenant à photographier leur quotidien pour relater ce qu’ils vivent, il a trouvé le moyen de mettre en lien les individus par des histoires dont la compréhension traverse les frontières.

Gandhi, Mandela, Massoud sont des figures vertueuses qui l’inspirent. Le photographe est convaincu que l’individu, à son échelle, peut changer le monde.

L’image pour un dialogue interculturel

20110624Avant tout, Reza est à l’écoute des personnes qu’il rencontre et se plaît à narrer des anecdotes marquantes, notamment celle du garçon qui avait planté un grain et tenait une plante en germe “Je lui ai demandé ce qu’il voulait en faire il a dit “je vais en faire un arbre” alors qu’il n’y avait plus d’arbres dans le village, tout avait été détruit. C’est grâce à ces petites rencontres dans les rues, que les gens deviennent vos maîtres à penser.” Ses photographies aspirent à relayer ces fables du réel.

Au cours de ses expéditions, il a rencontré des communautés religieuses qui se respectaient mutuellement. Des chrétiens et juifs qui cassaient le ramadan avec des musulmans autour d’un dîner tous ensemble “Ce genre de vie entre différents groupes, ça existe et c’est possible. Ceux qui parlent de paix universelle ne sont pas des rêveurs !” Il avait réuni trois enfants de Jérusalem pour un cliché : un chrétien, un musulman et un juif qui se nommaient tous selon le prophète Abraham, fondateur des trois religions.

Les relations interreligieuses ne sont pas une utopie, il est possible de “vivre en paix, vivre ensemble.”

Pour atteindre le concept de l’intégration “la première chose à faire c’est de laisser chaque personne s’épanouir dans sa culture. Si cet épanouissement se fait dans le respect, tous seraient enrichis et pourraient en sortir le meilleur. À partir du moment où l’on va contraindre quelqu’un à ne pas épouser sa culture, on crée une frustration. Tout ça n’est que méconnaissance de l’autre. C’est peut-être par l’image que l’on peut se faire connaître différemment”

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AP2I partage les valeurs et convictions véhiculées par ce prodige de la création visuelle. Le projet les “400 vues” vise à favoriser un échange interculturel par la photographie.

Le discours de Reza plein de sagesse est sans conteste captivant. Durant un instant poignant de la présentation, sur l’écran apparaît la formule “ART IS THE SOLUTION”. Reza poursuit “mais avant tout” puis la diapositive change et deux lettres sont ajoutées : “HEART IS THE SOLUTION.”

Son site : http://www.rezaphoto.org/

Le festival interculturel, une harmonie artistique entre les cultures

Du 14 au 16 avril, s’est déroulé le festival interculturel porté par le centre interculturel de Vincennes Saint-Denis (CIVD). Cet événement organisé sur le campus de Paris 8 valorise la diversité et met chaque année à l’honneur la créativité. C’est l’occasion de découvrir de multiples expositions de photographie, d’arts graphiques mais aussi des concerts, du théâtre, des films ou encore de la danse. L’objectif est de réunir des personnes de différents pays autour de la thématique de la mixité sociale.

Lors de cette édition, par exemple, un débat radio a permis aux festivaliers de méditer sur la question « Comment favoriser l’interculturalité dans une société qui cherche à gommer sa réalité multiculturelle ? ».

L’exposition intitulée « Cité interculturelle » incitait les créateurs à concevoir ensemble une ville cosmopolite au sein du hall de la faculté. Anastasia-Zoé Solioutou, une peintre grecque a imaginé un métro liant Londres, Paris et Athènes. Elle a également réalisé une performance en public. Elle se plaît à fusionner les couleurs pour mettre en scène des silhouettes aux nationalités variées.

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Le tableau d’Anastasia peint devant l’université aux yeux des curieux.

L’installation « Objets imaginaires » de l’artiste tunisienne Elthem Younes fait référence à des traditions maghrébines. L’une d’entre elles consiste à suspendre des morceaux de plomb fondu pour éloigner les mauvaises ondes et énergies. Ce rituel serait originaire d’Asie centrale et appelé “Kut Kuyuv” par les bachkirs, un groupe ethnique turc résidant dans la Fédération russe.

BCette pratique s’est propagée dans plusieurs régions de la planète, notamment en Bosnie Herzégovine où elle est nommée « salivanje olova ». Le spectateur découvre que des phénomènes de transmission de traditions opèrent grâce aux échanges culturels.Nous pouvions contempler les œuvres de Christiana Kasapa qui laisse entrevoir de la poésie grecque dans ses toiles ou encore les portraits photographiques d’Isadora Re.

Un professeur d’allemand arabophone s’adonnait à la calligraphie face à ses spectateurs captivés.

CEn tant que linguiste, il a insisté sur le fait que l’arabe et l’hébreu sont des langues sémitiques avec des racines et influences similaires. Le spécialiste spécifiait que que Salaam signifie paix, d’où la salutation “As-salâm ‘aleïkoum”, voulant dire “Que la paix soit sur vous”.

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Le dernier jour, le résultat du concours de Jeunes talents a récompensé trois artistes. Alexandra Beraldin, qui a ouvert les festivités en échasses et réalisé un théâtre d’ombres, a remporté le premier prix. « Il y a une hybridité des genres, c’est extraordinaire, ce festival est une réussite » s’est confiée la lauréate à propos de l’événement. Puis Yvan Loiseau, un photographe qui a sillonné l’Amérique du Sud durant un an, a obtenu la seconde position. Il favorise le contact avec l’autre, il est lui-même allé à la rencontre de la population en dormant chez des inconnus au cours de son voyage. La troisième place est revenue au groupe féminin Enjoy Dance qui avait fait preuve de charisme chorégraphique.

De toute évidence, l’art n’a nulles frontières, il s’agit d’un moyen d’expression partagé à travers les continents. Le dialogue entre les créateurs de différentes origines est enrichissant.

Lors de ce rendez-vous, hormis les pupilles, les papilles aussi ont été charmées grâce à des ateliers de cuisine du monde. Le dîner interculturel organisé par notre association a également permis de goûter des saveurs d’ailleurs. Les visiteurs ont pu déguster des spécialités bretonnes, des haricots rouges du Mexique et même des mets libanais. Ce type de festin AP2sien offre l’opportunité de savourer des plats concoctés par des complices des quatre coins du globe et de s’amuser avec un quiz interactif. Nous découvrions tous, entre autres, que le nom initial de New-York était Nouvelle-Angoulême.

EComme quoi, on en apprend tous les jours ! Ce festival est un moment convivial à ne manquer sous aucun prétexte l’année prochaine…

 

Le regard d’Alain Homsi sur l’interculturalité

Alain Homsi, reporter d’origine syrienne, expose des photographies de sa terre natale jusqu’au 30 avril à la bibliothèque Buffon. Il a fondé Le Club International des Jeunes à Paris (CIJP) voué à mettre en relation les étudiants internationaux et Français dans la capitale. C’est après avoir rencontré des étrangers du monde entier en prenant des cours de français à Caen qu’il décide de créer cette association. Celle-ci organise des voyages ainsi que des activités linguistiques, culturelles, sportives et culinaires . “Ce sont les personnes d’autres pays qui nous permettent d’apprendre plus sur nous-mêmes et sur le monde. On découvre beaucoup en discutant avec des étrangers, en étant confronté à leur regard sur la France, aux différences culturelles, aux diverses traditions… Parfois, chacun a des préjugés sur l’autre qui sont dissipés dès que l’on est face à une personne qui nous permet de mieux comprendre l’histoire.” L’harmonie entre les cultures lui tient à cœur, il nous évoque l’importance de s’ouvrir à la diversité.
Que représentent les échanges interculturels à vos yeux ?

Pour moi c’est une richesse avant tout. J’ai toujours adoré voyager, aller à la rencontre du monde. Quand j’étais enfant et vivais en Syrie, j’étais toujours fasciné de voir qu’il y avait des gens qui venaient chez nous. Lorsque l’on croisait des touristes dans la rue on était très contents, on avait envie d’aller discuter avec eux, on essayait de leur parler avec le peu de vocabulaire d’anglais et français que l’on avait. En grandissant, j’ai compris encore plus combien il est essentiel de s’ouvrir sur les cultures. Avant de m’installer à Paris, j’avais pris des cours de français à Caen et c’était captivant d’être dans une classe avec des Américains, des Allemands, des Russes, des Italiens, des Turcs… C’était l’ouverture sur le monde, tout en étant en France. Je n’avais pas l’opportunité de côtoyer autant d’étrangers chez moi en Syrie. Je ne me vois pas vivre dans un monde où nous parlerions tous la même langue, où nous aurions tous les mêmes traditions. C’est rare que je ne me retrouve qu’avec des Français ou des Syriens. Le peu de fois où c’est le cas, ça me fait un peu bizarre. Je trouve que c’est un peu fade quand nous sommes tous pareils ! La richesse vient de la différence.

 

Avez-vous des anecdotes d’étudiants étrangers confrontés à un choc des cultures ?

Je me souviens d’un Japonais qui était surpris que les français ne portent pas de parapluie. Il n’en revenait pas que les gens soient prêts à être trempés les jours d’averses. C’était étrange pour lui puisque dans son pays il est inconcevable de sortir sans parapluie !

 

D’après vous, quelles actions pourraient être mises en œuvre pour que le dialogue entre les cultures soit davantage présent dans la capitale ?

Je pense que ce serait intéressant de concevoir un festival de la diversité. Il y a pas mal d’associations étudiantes ou de quartier, et qui font un travail remarquable où l’on parle d’interculturalité. En revanche, il n’y a quasiment jamais d’initiatives qui viennent du plus haut niveau, pas forcément de l’état mais au moins de la ville. Paris est une ville cosmopolite, il y a énormément de centres culturels étrangers, c’est magnifique. Mais pourquoi pas mettre en valeur cette diversité lors d’un festival ? J’avais travaillé il y a quelques années sur un documentaire à propos de Montréal. Ce qui m’avait marqué c’est que durant le défilé de la fête nationale, les gens ne hissaient pas seulement le drapeau canadien, il y avait plein de communautés qui sortaient le leur, pour dire “Nous sommes Canadiens mais aussi Italiens, Chinois etc.” Alors pouvons-nous imaginer cela pour le défilé du 14 juillet ? Garder la culture qui nous a été transmise lorsque nous étions enfants, cela ne veut pas dire que nous sommes moins Français que les autres mais peut-être plutôt que nous sommes doublement riches de plusieurs cultures. Par exemple, je trouve cela génial que l’on fête le nouvel an chinois. Néanmoins, il y a aussi un tas d’autres communautés que l’on ne voit pas, mais sont-elles vraiment encouragées à montrer leur culture ?

 

Vous êtes vous-même originaire de Syrie, a-t-il été difficile pour vous de tisser des liens à votre arrivée ?

Très certainement, c’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai créé cette association. Quand je suis arrivé à Caen, il y avait un accueil de l’université mais aussi de la mairie. Des familles normandes étaient même venues, c’était étonnant. Après cela, aller à Paris a été un choc. À l’époque, il n’y avait pas de soirées erasmus, pas d’associations qui accueillaient les étudiants étrangers. Maintenant les choses se sont améliorées. On a aussi facilement cette impression, en arrivant, que les Français, ou du moins les Parisiens, sont froids. Avec le recul, je réalise que l’on ne peut pas prétendre cela. Peut-être que certains le sont, cependant je pense qu’ils sont surtout réservés. Quand c’est moi qui fait le premier pas, la plupart du temps les gens sont plutôt ouverts. J’étais dans une classe avec une amie turque et un ami alsacien, tous deux trouvaient cela surprenant d’être face à des gens peu curieux d’autrui. Au fur et à mesure, nous avons formé un petit groupe avec des Français qui en réalité étaient timides et avaient besoin de trouver un cadre pour aller vers les autres, ils ne s’approchaient pas de leur plein gré.

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Comment rendre profitable un voyage à la rencontre d’une autre culture ?

Il faut absolument éviter quand on arrive dans un autre pays, d’aller chercher ses concitoyens. Si l’on vient pour découvrir un endroit, ce n’est pas pour retrouver des compatriotes. J’adore les langues étrangères, je suis parti en Angleterre pour pratiquer. Arrivé là-bas mon obsession était d’éviter les Français et les arabophones à tout prix ! Je me suis obligé à ne parler qu’en anglais, j’avais oublié le français dans le train. Un autre problème se pose, quand on arrive, on pense toujours avoir le temps, sauf qu’après, on se rend compte qu’une expérience de voyage dure peu. Même si c’est pendant trois ans, on réalise que cela passe très vite. C’est vraiment dommage de ne pas profiter au maximum de ces instants où l’on part à la rencontre d’une culture différente et de l’autre.

 

L’entraide entre les cultures vous importe, vous êtes engagé auprès de « Mobiliser pour la Syrie », que diriez-vous aux gens pour les inciter à être solidaires de manière générale ?

Le fait de créer le CIJP, de faire du bénévolat, de concevoir des activités, cela m’a apporté un enrichissement personnel. Quand les événements sont arrivés en Syrie il y a maintenant quatre ans, évidemment, je me suis senti concerné. Je n’ai pas l’expérience des associations humanitaires, cela s’apprend de secourir. Je me suis dit qu’il fallait que je trouve un moyen de venir en aide à mon pays malgré cela. J’ai pensé que j’avais la capacité d’organiser des événements culturels. Ceux-ci permettent de collecter des fonds reversés à des associations qui, elles, travaillent sur le terrain. C’est important de sentir que l’on fait quelque chose d’utile à son échelle. Il faut des milliers d’euros, mais en contribuant on met une pierre à l’édifice. Si chacun se dit “ouais mais ma participation ne va pas changer grand- chose”, finalement il ne se passe rien. Je considère le bénévolat comme un enrichissement personnel et un devoir. Chacun devrait trouver la façon de se rendre utile. En France, c’est formidable, on peut créer des associations, s’y engager. C’est une chance, tout le monde devrait la saisir. On a tous ses occupations, on se demande si on a le temps. J’estime qu’il est possible d’en trouver, c’est une question d’organisation. Même si l’on ne peut consacrer qu’une heure par semaine à une œuvre utile, c’est toujours cela de gagné. Combien de temps chacun perd facilement à des futilités ?

 

Votre exposition photographique « Souvenirs de Syrie » met en valeur votre regard sur votre pays natal. Quelle image significative voulez-vous véhiculer en France à propos de votre patrie ?

Je voudrais surtout que les gens découvrent la vraie Syrie à travers cette exposition. Je n’accuse pas les médias de présenter une image fausse, on connait l’ampleur du drame. Seulement, il y a des personnes qui n’avaient quasiment jamais entendu parler de ce pays avant le conflit. Ils ne connaissent rien sur la Syrie et la découvrent à travers les images de destruction. J’ai envie qu’ils la voient comme un pays riche de ses communautés qui ont toujours vécu en paix. Je n’aborde pas la politique, je veux que les spectateurs aient accès à la Syrie telle que je l’ai connue. J’ai envie de montrer des lieux de spiritualité, des monastères qui ont toujours attirés autant de pèlerins musulmans que de chrétiens par exemple. J’espère que cela donnera envie aux gens d’œuvrer pour sauvegarder ce pays au patrimoine millénaire.

 

Pouvez-vous nous raconter une tradition Syrienne qui vous est chère ?

Oui, il y en a une dont je me souviens. À Damas j’ai toujours vécu en appartement, dans un immeuble de quarante-huit logements. Tous les voisins se connaissaient. La tradition particulière était que l’on avait l’habitude, quand on cuisinait une recette typique qui sent très bon, d’aller offrir un petit plat au voisin d’en face. Cela ne se faisait pas de mijoter un repas spécial et ne pas le partager avec celui qui en avait senti l’odeur. Puis, la coutume voulait que lorsque la personne rendait le récipient, elle ne le redonnait pas vide. Ces petits gestes sont adorables. Je ne sais pas si c’est envisageable à Paris.(Rires) Bayt
AP2i organise une rencontre euro-méditerranéenne « Les 400 vues » réunissant vingt jeunes de France, de Turquie, de Slovaquie, de Roumanie et d’Égypte. Ils sont invités à offrir/partager leur vision de Paris par des photographies. Vous êtes photo-reporter, d’après vous, l’image peut-elle être un moyen de communication interculturel bénéfique ?

Effectivement, je pense que par la photo nous pouvons exprimer plein de choses. Le langage implique d’apprendre un alphabet, il faut lire, comprendre ce qu’il y a écrit alors qu’il y a des langues universelles comme l’image et la musique. Quand vous entendez un morceau de Mozart ou Beethoven qui exprime de la joie ou de la tristesse, tout le monde peut ressentir ces émotions sans avoir étudié l’allemand. Il en va de même pour la photographie, à travers elle, on peut transmettre sa nostalgie, sa joie, son indignation. C’est très bien l’éducation à l’image, de travailler avec des jeunes, leur permettre d’exprimer leurs sentiments, leurs frustrations ou leurs aspirations. C’est quelque chose de véritablement important. Cette idée que votre association propose est intéressante. Des gens qui viennent de continents différents vont pouvoir livrer leur regard sur cette capitale. Sûrement que cela va permettre de véhiculer des échanges que l’on ne pourrait pas avoir sans cette confrontation de points de vue. Je serais vraiment très curieux de voir les photos.

 

Alain Homsi nous a accueillis au sein de sa société Cameson production, l’occasion d’admirer ses photographies de Syrie affichées dans son bureau. De quoi avoir d’autant plus envie de découvrir l’exposition. La conversation s’est terminée sur une touche humoristique puisque nous remarquions que la nourriture a du succès dans nos associations respectives! Au-delà de multiples activités agréables : un buffet, des ateliers culinaires ou des dîners interculturels, sont d’excellents moyens de rassembler des individus de divers horizons, nous nous en réjouissons.

 

Son site : http://homsi.fr/

 

« L’économie de partage », le thème de notre prochain Café-Labo

Cafe labo Eco partage« Le Bon Coin » pour les petites annonces, « Blablacar » pour le covoiturage, « Airbnb » pour l’hébergement, « Kiss kiss bank bank » pour le crowdfunding …Consommation collaborative et économie du partage commencent à peser lourd dans l’économie mondiale, et de plus en plus d’utilisateurs sont séduits par cette nouvelle culture, nourrie en grande partie par une envie de partage et d’alternative communautaire, une préférence pour l’usage plutôt que la possession, un attrait pour l’échange de service, et une sensibilité pour le développement durable.

Lors de notre Café-Labo, nous allons nous demander comment ce mouvement alternatif (l’est-il vraiment ?) peut être un nouvel espace de communication et d’échange dans nos sociétés.

La soirée sera rythmée par :
– une présentation de l’économie de partage
– un micro-trotoir, où la parole sera laissée à ceux qui ont croisé notre chemin et ont répondu à nos questions sur le sujet
– un débat, avec la présence d’intervenants, pour discuter des enjeux de l’économie de partage dans nos sociétés actuelles.

AP2i vous invite à nous rejoindre le mercredi 1er avril, à 19h, à La REcyclerie, métro Porte de Clignancourt.

L’événement FB : https://www.facebook.com/events/1643614732525401/

Notre prochain Café-Labo : Traverser les frontières / Le droit d’asile

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Pour ce premier événement de l’année, le « Labo », espace d’échanges et de réflexions d’AP2i, vous propose une rencontre-débat sur le thème de l’immigration et de la condition des demandeurs d’asile.

A partir des micros-trottoirs réalisés sur ce sujet et en présence d’intervenants, ce Café-Labo contribuera également à enrichir un autre projet AP2ien : le Kaléidoscope, qui réalisera d’ici la fin de l’année universitaire un court-métrage sur le quotidien des demandeurs d’asile.

Venez donc avec nous entreméler les cultures et dépasser les préjugés à la Cantine berlinoise !

Lieu : 27 rue de Sambre et Meuse, 75010 Paris
Quand : le mercredi 10 décembre 2014 dès 18h.

Colorez votre matière grise avant la Fête de la Musique !

AP2i et le Labo organisent notre première Table-ronde le 21 juin 2013 après-midi.
Elle aura lieu au Pavillon du Carré de Baudouin dès 14h.

Le thème sera « Citoyenneté et interculturalité, pour une approche plurielle de la citoyenneté de chacun ».

L’idée est de garder l’esprit des Café-Labo mais en plus grand sur un thème plus large que ceux abordés lors de ces temps d’échange.
Pour rappel, le Café-Labo est un moment d’échange informel, entre des intervenants et le public, autour d’un verre et du grignotage, un peu comme un Café-Philo !

Ainsi, la Table-ronde du 21 juin sera un moment d’échange et de convivialité.
Nous vous y attendons nombreux !

L’événement FB : https://www.facebook.com/events/345890408869969/

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Quelques photos du Café-Labo #2

On prépare le Café-Labo
On prépare le Café-Labo

Ce fut un très bon moment d’échange autour de la thématique « Méditerranée : Jeunesse, Cultures et Citoyennetés ».

Merci encore au Centre d’animation du 10ème arr. de Paris et à Camille pour son accueil.

 

Présentation du projet MyMED
Présentation du projet MyMED
"Le patrimoine fait parti de la culture."
« Le patrimoine fait parti de la culture. »
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« Il pourrait être intéressant de rencontrer des institutions religieuses durant notre itinéraire. »



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« Le projet avance ! »