Exposition Art Ludique, la french touch du Jeu Vidéo

artludiqueSi l’on considère souvent la dimension esthétique d’un jeu vidéo par rapport à ses prouesses techniques, il est facile d’oublier le rôle considérable des artistes dans la réussite de l’œuvre. Le jeu vidéo a de particulier qu’il offre au joueur un monde dans lequel évoluer. Qu’il s’agisse de villes entières reconstituées comme le Constantinople du XVIème siècle d’Assassin’s Creed Revelations, ou la forêt aux allures d’aquarelle de Child of Light, le jeu vidéo brille par ces constructions complexes et minutieuses d’univers à parcourir.

L’exposition « L’art dans le Jeu Vidéo, l’inspiration française » présentée au Musée de l’Art Ludique jusqu’au 6 mars 2016, permet de découvrir le travail impressionnant des artistes dans la conception d’un jeu vidéo. De simples petits croquis sur un calepin à d’immenses peintures numériques en passant par des bustes en terre cuite, on est amenés à voir et comprendre l’importance des « concepts arts » dans l’élaboration d’un jeu vidéo, de ses univers et de ses personnages. La réussite de l’exposition tient dans la découverte de ce lien fondamental entre les designers artistiques et les designers ludiques, entre l’identité visuelle d’un titre et sa jouabilité.

Child Of Light
Child Of Light

Dans l’une des salles, les visiteurs sont amenés à s’asseoir sur un banc, entourés d’un écran incurvé à 180 degrés, du sol au plafond. Le spectateur est alors plongé au cœur des rues du Paris de la Révolution Française. J’ai été particulièrement marqué par ce moment de l’exposition dans la mesure où, même en ayant joué au jeu, j’ai tout de même été surpris du niveau de détail éblouissant qui constitue l’environnement dans lequel l’action prend place.

Parmi les 800 œuvres présentées, la grande majorité est issue de studios français, mais l’exposition fait aussi la part belle aux artistes québécois. Ubisoft, fondée en France, dispose de studios partout dans le monde, et en particulier à Montréal. L’exposition nous permet alors de découvrir l’échange interculturel de talents entre la France et le Québec, qui est au cœur de l’originalité artistique de ces œuvres.

Si l’exposition intéressera les joueurs pour le côté « behind the scenes » qu’elle présente, elle saura aussi séduire les néophytes dans cette découverte d’un imaginaire peu représenté dans les médias traditionnels.  Peut-être un peu courte, elle est toutefois à recommander vivement, si ce n’est pour la perspective rafraichissante qu’elle offre sur un média en peine de légitimité.

Emilien Maubant

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