Le festival interculturel, une harmonie artistique entre les cultures

Du 14 au 16 avril, s’est déroulé le festival interculturel porté par le centre interculturel de Vincennes Saint-Denis (CIVD). Cet événement organisé sur le campus de Paris 8 valorise la diversité et met chaque année à l’honneur la créativité. C’est l’occasion de découvrir de multiples expositions de photographie, d’arts graphiques mais aussi des concerts, du théâtre, des films ou encore de la danse. L’objectif est de réunir des personnes de différents pays autour de la thématique de la mixité sociale.

Lors de cette édition, par exemple, un débat radio a permis aux festivaliers de méditer sur la question « Comment favoriser l’interculturalité dans une société qui cherche à gommer sa réalité multiculturelle ? ».

L’exposition intitulée « Cité interculturelle » incitait les créateurs à concevoir ensemble une ville cosmopolite au sein du hall de la faculté. Anastasia-Zoé Solioutou, une peintre grecque a imaginé un métro liant Londres, Paris et Athènes. Elle a également réalisé une performance en public. Elle se plaît à fusionner les couleurs pour mettre en scène des silhouettes aux nationalités variées.

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Le tableau d’Anastasia peint devant l’université aux yeux des curieux.

L’installation « Objets imaginaires » de l’artiste tunisienne Elthem Younes fait référence à des traditions maghrébines. L’une d’entre elles consiste à suspendre des morceaux de plomb fondu pour éloigner les mauvaises ondes et énergies. Ce rituel serait originaire d’Asie centrale et appelé “Kut Kuyuv” par les bachkirs, un groupe ethnique turc résidant dans la Fédération russe.

BCette pratique s’est propagée dans plusieurs régions de la planète, notamment en Bosnie Herzégovine où elle est nommée « salivanje olova ». Le spectateur découvre que des phénomènes de transmission de traditions opèrent grâce aux échanges culturels.Nous pouvions contempler les œuvres de Christiana Kasapa qui laisse entrevoir de la poésie grecque dans ses toiles ou encore les portraits photographiques d’Isadora Re.

Un professeur d’allemand arabophone s’adonnait à la calligraphie face à ses spectateurs captivés.

CEn tant que linguiste, il a insisté sur le fait que l’arabe et l’hébreu sont des langues sémitiques avec des racines et influences similaires. Le spécialiste spécifiait que que Salaam signifie paix, d’où la salutation “As-salâm ‘aleïkoum”, voulant dire “Que la paix soit sur vous”.

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Le dernier jour, le résultat du concours de Jeunes talents a récompensé trois artistes. Alexandra Beraldin, qui a ouvert les festivités en échasses et réalisé un théâtre d’ombres, a remporté le premier prix. « Il y a une hybridité des genres, c’est extraordinaire, ce festival est une réussite » s’est confiée la lauréate à propos de l’événement. Puis Yvan Loiseau, un photographe qui a sillonné l’Amérique du Sud durant un an, a obtenu la seconde position. Il favorise le contact avec l’autre, il est lui-même allé à la rencontre de la population en dormant chez des inconnus au cours de son voyage. La troisième place est revenue au groupe féminin Enjoy Dance qui avait fait preuve de charisme chorégraphique.

De toute évidence, l’art n’a nulles frontières, il s’agit d’un moyen d’expression partagé à travers les continents. Le dialogue entre les créateurs de différentes origines est enrichissant.

Lors de ce rendez-vous, hormis les pupilles, les papilles aussi ont été charmées grâce à des ateliers de cuisine du monde. Le dîner interculturel organisé par notre association a également permis de goûter des saveurs d’ailleurs. Les visiteurs ont pu déguster des spécialités bretonnes, des haricots rouges du Mexique et même des mets libanais. Ce type de festin AP2sien offre l’opportunité de savourer des plats concoctés par des complices des quatre coins du globe et de s’amuser avec un quiz interactif. Nous découvrions tous, entre autres, que le nom initial de New-York était Nouvelle-Angoulême.

EComme quoi, on en apprend tous les jours ! Ce festival est un moment convivial à ne manquer sous aucun prétexte l’année prochaine…