l’immigration au Québec, une expérience

Aujourd’hui, nombreux sont les étudiants ou les jeunes professionnels qui partent à l’étranger. Dans le cadre d’un échange universitaire pour certains, par leur propre moyen pour d’autres, ces derniers endossent alors le statut d’immigrant. Je reviens donc sur cette expérience, où pendant trois ans j’ai découvert l’univers de Montréal et la vie du « nouvel arrivant ».

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Le départ

Les discussions de voyage, les amis qui partent, qui reviennent et racontent leur expérience, à chaque fois avec enthousiasme et énergie …. et là on se dit, pourquoi pas moi ?… Montréal ? Ça semble pas mal, beaucoup de gens y sont, y sont allés et tous dressent un portrait idyllique de cette métropole.

Allez hop, on se renseigne : autour de soi, sur les sites institutionnels, sur les forums. Comme le contact reste lointain, les appels téléphoniques outre-atlantique deviennent un moyen d’humaniser les informations récoltées sur le web. Après quelques minutes à discuter, la voix derrière le combiné nous quitte même avec un « bienvenu » chaleureux. Wahoo ! Quel accueil ! Tous les fantasmes sur Montréal sont possibles, oubliant les obstacles inévitables dans ce futur périple. En quelques semaines, tout est bouclé : la fac nous félicite d’être accepté dans son programme d’étude, les papiers d’immigration sont prêts, le logement sur place est réservé et les billets d’avion concrétisent ce grand départ. On s’envole.

L’atterrissage

Les premiers contacts avec la ville sont chaleureux. Un accueil spécial pour les nouveaux arrivants est d’ailleurs mis en place : de jeunes étudiants viennent à notre rencontre pour nous présenter rapidement la ville. Cet accompagnement confirme les fantasmes de l’avant départ nous faisant oublier le paysage un peu triste de l’autoroute …

D’abord, on découvre la ville avec un regard de touriste assumé. Rapidement, un certain choc culturel pointe son nez : à Montréal, les habitants ont beau parler français, la vie quotidienne reste éloignée du mode de vie européen pour se rapprocher d’avantage de celui d’Amérique du Nord… et c’est logique ! Premier manque : la nourriture… 8$ le petit bout de fromage industriel… aïe, aïe, aïe… une boulangerie ? Ouch… bon, on se rattrapera sur le cheddar et le pain de mie. Et que dire de l’alcool ? Direction le magasin spécialisé, la SAQ. Car oui, au Canada, le gouvernement à la main mise sur l’alcool, faisant monter les taxes des bouteilles.

Finalement, ce petit décalage et ce nouveau mode de vie deviennent chose normale ; si bien qu’avec le temps, les expressions typiques québécoises font partie de notre langage quotidien. La vie politique canadienne nous passionne : avoir une opinion sur la place du Québec au Canada devient pour nous une évidence et un engagement. Et quand la saison reprend, on supporte l’équipe de hockey de Montréal. Go Habs go ! En fait, il fait bon vivre dans cette ville, sauf que…HPIM0950

Les difficultés du statut d’immigrant

Sauf que… nous restons, malgré tout, des immigrants… le visa arrivé à terme, les papiers doivent impérativement être renouvelés. Début d’un casse tête administratif : justificatifs, inscription en ligne, lettre de motivation, sans compter la petite somme d’une centaine de dollars à débourser. Des amis français luttent littéralement pour rester légalement sur le territoire canadien. Ils doivent absolument trouver un employeur, et ce dernier doit prouver à l’autorité qu’aucun canadien ne dispose des compétences requises pour exercer le poste en question. Pourtant, ces amis sont depuis un certain nombre d’années sur le sol québécois : leur vie et leur avenir, ils ne les voient pas ailleurs. Car oui, ils sont sont intégrer socialement et culturellement : le Québec est leur maison. Peu importe, le gouvernement est détenteur du sort des étrangers sur son territoire.

Alors, les documents et les informations qui alimentaient tous nos fantasmes avant le départ nous reviennent en tête : à l’époque, l’installation dans cette terre d’accueil semblait si simple… Finalement, non : s’établir à long terme à l’étranger est un combat administratif. Il ne suffit pas d’être motivé et engagé pour devenir citoyen du pays. Depuis presque deux ans, le gouvernement québécois a renforcé les obstacles dans sa politique d’immigration, rendant encore plus compliqué la venue des nouveaux arrivants, sous couvert de raison économique.

Le Québec connaît un débat autour de son identité et de sa reconnaissance au sein du Canada, pays dominé par la culture anglophone. Il semble donc dommage de ne pas considérer les immigrants comme richesse culturelle : ils font partie intégrante de la vie du pays et construisent la société dans laquelle ils résident. D’ailleurs, ce constat pourrait être fait dans d’autres pays…

Carine

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