Vive le nouvel an chinois !

Mardi 8 février 2016, le monde entier célébrait le nouvel an chinois et le dimanche 14 nouvel an chinoisfévrier, Paris fêtait l’événement avec sa parade annuelle. Une belle preuve de diversité régnait sur les pavés ce jour là : les spectateurs venus de tout horizon ont apprécié le défilé haut en couleur, se mêlant parfois à la parade. Dans un décor typique parisien, les lions et dragons prenaient place, suivis par les tambours, pendant que des enfants en kimono de karaté présentaient leur chorégraphie d’art martial apprise pour l’occasion. Sans oublier évidemment, les jeunes femmes se dandinant du haut de leur camion sur les airs de chants traditionnels Kmers (diversité des cultures jusqu’au bout). Et pour finir l’après-midi, le public pouvait déguster un Nian Gao (littéralement gâteau de l’an). nouvel chinois

Clichés ou pas, cet événement reflète merveilleusement le mélange de la culture asiatique et européenne. A AP2i, on aime !

The Revenant, respect et authenticité

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Le 28 janvier 1973, à la 30ème cérémonie des Oscars, Marlon Brando remporte le prix du meilleur acteur pour sa performance mythique dans The Godfather. Il n’est toutefois pas présent pour accepter la statuette, Sacheen Littlefeather, une amérindienne et amie,  la refuse en son nom. Elle présente plutôt un bref discours et dénonce le traitement pitoyable de la culture amérindienne dans les médias américains. Elle sera huée, applaudie; la petite histoire racontera même que John Wayne a dû être retenu de ne pas jeter la jeune femme hors de la scène.

Quarante-trois ans plus tard, Leonardo DiCaprio accepte le Golden Globe du meilleur acteur pour son rôle dans The Revenant. Vers la fin du discours, il appelle à une reconnaissance et une protection des Premières Nations et des communautés autochtones. La sortie du film, maintenant primé aux Oscars, présente l’occasion de revenir sur la relation difficile entre l’industrie du cinéma et les amérindiens.

S’il est un genre qui aura permis d’asseoir l’imposition d’Hollywood, c’est bien le western des années 40 et 50. Ces films, bons ou mauvais, ont développé l’habitude de présenter les amérindiens comme antagonistes. Plus de 4000 films ont ainsi attribué ce rôle aux populations autochtones. Alors dépeints comme des sauvages agressifs et primitifs, ils permettent à l’industrie du cinéma de justifier dans l’imaginaire collectif la brutalité qui a été infligée à ces populations. On y représente les blancs, tentant d’établir une civilisation, en minorité, sous les attaques incessantes des « sauvages ». Il s’agit dès lors d’une justification romancée du massacre des amérindiens pendant plus de trois siècles de l’histoire américaine.

Cette représentation se trouve contrastée par le mythe du « noble sauvage », tout aussi présent dans l’industrie du cinéma. De Pocahantas à Danse avec les Loups en passant par Le Dernier des Mohicans, la formule est toujours la même : la sédition d’un homme blanc, souvent militaire, pour embrasser la culture plus noble, plus sage, des populations autochtones. Si ces films peuvent être critiqués pour la binarité qu’ils imposent entre ces modes de vie, la volonté de présenter la culture autochtone de façon plus humble, fidèle et respectueuse est à louer.

En ce sens, The Revenant réussit un coup d’éclat. Sans tomber dans la mièvrerie du mythe de l’homme sauvage, il présente une image forte et juste de la résistance des tribus amérindiennes face à l’invasion des colons anglais et français. Loin des stéréotypes auxquels nous sommes maintenant habitués, tant par les représentions positives que négatives, le film nous met plutôt face à un peuple qui lutte pour sa survie par une cohabitation inégale. À l’inverse de Danse avec les loups, The Revenant refuse toute instrumentalisation de cette culture en vue d’une sorte d’anoblissement du personnage. Au contraire, le film trace le parallèle entre deux quêtes de justice face à la brutalité gratuite infligée par les colons envers les Premières Nations. Le film a eu la bonne idée de ne pas chercher à opposer ces cultures, et cherche plutôt simplement à dépeindre avec réalisme et authenticité  la pugnacité d’un peuple envahi. Par ailleurs, Alejandro Iñárritu évite l’amalgame d’un simple « peuple » amérindien et met plutôt en scène plusieurs tribus, comme les Arikara, les Sioux et les Pawnees, en respectant le dialecte de chacune.

La relation entre les États-Unis et les communautés autochtones demeure encore aujourd’hui complexe et inachevée. La célébration annuelle de Thanksgiving a pour origine un remerciement envers les populations autochtones, mais cette signification est le plus souvent oubliée. On dénombre aujourd’hui plus de cinq millions d’amérindiens aux États-Unis, un tiers d’entre eux vivent dans des réserves, dans lesquelles les conditions de vie sont très problématiques. Environ 30% des amérindiens vivent sous le seuil de pauvreté, et le chômage touche trois-quarts de la population active. Enfin, la reconnaissance de la souveraineté des tribus sur leurs territoires est une lutte toujours constante avec le gouvernement américain.

Si la question de la représentation des Premières Nations au cinéma ne rend pas compte de l’étendue des problèmes vécus par ces populations, on ne peut toutefois que se réjouir de la volonté de reconnaître enfin l’histoire et l’héritage de ces cultures. The Revenant marque en ce sens un pas dans la bonne direction.

Emilien Maubant

Palestine d’aujourd’hui, Palestine de demain ?

L’Institut du Monde Arabe propose actuellement (du 18 février au 20 mars) une exposition sur la Palestine par le biais de quatre jeunes artistes, Larissa Sansour, Khaled Jarrar, Bashir Makhoul et Shadi Al Zaqzouq.

Malgré sa petite taille, l’exposition est poignante et tente de réaffirmer un droit d’existence sur une terre tiraillée et débattue. À peine le spectateur franchit le pas de la première place qu’il se retrouve face à un énorme mur qui le bloque et le déconcerte, sur lequel se découpe la géographie de la Palestine.

11694961_10205665722113691_622810081903822955_nUne fois ce mur contourné, ou dirais-je franchi avec autorisation tels les check-points, une série de documentaires est diffusée qui relate le quotidien des palestiniennes et les difficultés qu’implique un tel mur, notamment les séparations familiales. Après une telle entrée en matière, on souffle, ou du moins on tente. L’univers de Larissa Sansour nous embarque dans un art futuriste, par lequel l’artiste illustre la situation actuelle sur un fond de science fiction.

Enfin, Bashir Makhoul questionne l’occupation en reconstruisant le territoire palestinien à l’aide de boites en carton, et invite le spectateur – muni d’un stylo – à prendre position en annotant ces dernières.

I.A.

 

Sixième dîner interculturel d’AP2i – Best. Potluck. Ever

12755278_10156600676095646_1649261963_oUne fois n’est pas coutume, AP2i a su surprendre avec son sixième dîner interculturel. De retour à la Marelle, nous avons été très heureux de vous accueillir en si grand nombre. Comme d’habitude, chaque invité est libre d’amener un plat qui lui tient à cœur pour le faire découvrir à tous. Si le principe est resté le même, la soirée était cette fois-ci orientée autour d’un thème Franco-Américain, en l’honneur de notre partenariat avec l’organisme EDUCO, qui s’occupe d’accueillir des étudiants américains en échange à Paris.

Le dîner s’est trouvé rythmé de plusieurs activités, comme nos désormais traditionnels quizz et blind-test. Nous avons eu le plaisir de partager ce dîner avec l’équipe du festival L’Appel de la Lune,  qui a d’ailleurs remporté le premier prix!

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AP2i vous attend pour le prochain dîner interculturel au cours du mois d’avril. Là encore, on attend vos petits plats en grand nombre, alors préparez vos recettes!

Retrouvez toutes les photos de la soirée ici !

L’équipe AP2i

Un diner interculturel « very special » !

L’équipe AP2i à la joie de vous annoncer que son prochain Diner interculturel sera Franco-US ! Ce dîner thématique est organisé en partenariat avec EDUCO. affiche Franco-US-page-001

Des étudiants américains viendront donc concocter de bons plats dignes de leur pays, tandis que nous leur ferons découvrir la cuisine à la française ! Leur mets répondront-ils aux clichés de la junk food ou seront-ils ultra healthy ? Nous le saurons jeudi 18 février à la Marelle !

Sans oublier : un quizz et un blind test qui feront tomber les idées reçus entre français et américains !

Alors venez vous aussi rapporter un plat qui vous tient à cœur afin de le faire découvrir !

Quand : Jeudi 18 Février, à 20H

Où : La marelle, 20 rue Bréguet, 75011

Toutes les informations: https://www.facebook.com/events/947553118667205/

Exposition Art Ludique, la french touch du Jeu Vidéo

artludiqueSi l’on considère souvent la dimension esthétique d’un jeu vidéo par rapport à ses prouesses techniques, il est facile d’oublier le rôle considérable des artistes dans la réussite de l’œuvre. Le jeu vidéo a de particulier qu’il offre au joueur un monde dans lequel évoluer. Qu’il s’agisse de villes entières reconstituées comme le Constantinople du XVIème siècle d’Assassin’s Creed Revelations, ou la forêt aux allures d’aquarelle de Child of Light, le jeu vidéo brille par ces constructions complexes et minutieuses d’univers à parcourir.

L’exposition « L’art dans le Jeu Vidéo, l’inspiration française » présentée au Musée de l’Art Ludique jusqu’au 6 mars 2016, permet de découvrir le travail impressionnant des artistes dans la conception d’un jeu vidéo. De simples petits croquis sur un calepin à d’immenses peintures numériques en passant par des bustes en terre cuite, on est amenés à voir et comprendre l’importance des « concepts arts » dans l’élaboration d’un jeu vidéo, de ses univers et de ses personnages. La réussite de l’exposition tient dans la découverte de ce lien fondamental entre les designers artistiques et les designers ludiques, entre l’identité visuelle d’un titre et sa jouabilité.

Child Of Light
Child Of Light

Dans l’une des salles, les visiteurs sont amenés à s’asseoir sur un banc, entourés d’un écran incurvé à 180 degrés, du sol au plafond. Le spectateur est alors plongé au cœur des rues du Paris de la Révolution Française. J’ai été particulièrement marqué par ce moment de l’exposition dans la mesure où, même en ayant joué au jeu, j’ai tout de même été surpris du niveau de détail éblouissant qui constitue l’environnement dans lequel l’action prend place.

Parmi les 800 œuvres présentées, la grande majorité est issue de studios français, mais l’exposition fait aussi la part belle aux artistes québécois. Ubisoft, fondée en France, dispose de studios partout dans le monde, et en particulier à Montréal. L’exposition nous permet alors de découvrir l’échange interculturel de talents entre la France et le Québec, qui est au cœur de l’originalité artistique de ces œuvres.

Si l’exposition intéressera les joueurs pour le côté « behind the scenes » qu’elle présente, elle saura aussi séduire les néophytes dans cette découverte d’un imaginaire peu représenté dans les médias traditionnels.  Peut-être un peu courte, elle est toutefois à recommander vivement, si ce n’est pour la perspective rafraichissante qu’elle offre sur un média en peine de légitimité.

Emilien Maubant

Leila Alaoui et la redécouverte de l’identité marocaine

Leila Alaoui est une artiste franco-marocaine, décédée en janvier dernier à l’âge de 33ans à la suite d’un attentat à Ouagadougou, en plein reportage pour Amnesty International.

Les Marocains
Les Marocains

À la croisée des cultures occidento-orientales, cette jeune photographe a mis son talent au service de l’exploration identitaire des différentes ethnies marocaines, dans son œuvre intitulée « Les Marocains ».

Après avoir étudié dans les lycées français du Maroc, puis diplômée de l’Université de New York City, Leila Alaoui est retournée sur les traces de ses ancêtres en faisant le tour du Maroc avec son studio photo mobil pour réaliser une série de portraits d’hommes et de femmes de tous âges.

Cette collection, exposée à la Maison Européenne lors de la première biennale du Monde Arabe en partenariat avec l’Institut du Monde Arabe, donne à voir les singularités culturelles des différentes populations locales dont l’esthétique traditionnelle tend à être oubliée au profit d’un Maghreb en proie à la modernité et au changement. Ces différents clichés sur fond noir sont d’autant plus authentiques qu’il a fallu à cette jeune artiste une force persuasive certaine pour convaincre des habitants du désert de se laisser photographier dans un pays où l’image et le paraître contrastent avec la pudeur et la simplicité locale. Sur ce même fond noir jaillit également l’éblouissance des couleurs chaudes de l’Afrique, la finesse des traits identitaires et la particularité des costumes anciens.

Par sa vision artistique, Leila Alaoui a su questionner l’individu social et culturel. Le portrait du jeune garçon âgé d’à peine vingt ans est, en particulier, à couper le souffle. Vêtu d’un habit traditionnel aux couleurs locales, il devient la figure héritière des habitudes passées, et le moyen par lequel ces dernières subsisteront.
C’est donc la puissance esthétique et identitaire des traditions que Leila Alaoui photographie.

Imane Assaad

Les voeux de la présidente – Paris 8

L’Université Saint-Denis Paris VIII est depuis plusieurs années un des partenaires privilégiés de l’association AP2i.

Par son engagement dans la recherche en Sciences Humaines et Sociales, par sa volonté de créer une réelle communauté étudiante et universitaire, cet établissement incarne les valeurs de solidarité, de dialogue et de tolérance que défend notre association.

Notre collaboration s’est concrétisée grâce à un soutien du Fond des Initiatives Etudiantes (FSDIE) de l’Université Paris VIII pour le projet Mymed en 2012 (projet euro-méditerranéen de création d’une plateforme recensant les bonnes pratiques culturelles et citoyennes via des témoignages) mais également lors de notre participation au « Grand 8 » le Forum des associations de l’Université Paris VIII en octobre 2015. Nous tenons d’ailleurs à remercier particulièrement Olivier Bruaux (Médiateur culturel) pour son encadrement et sa sympathie.

Dans le cadre de cette collaboration, l’association AP2i a été invitée aux vœux de la présidente Danielle TARTAKOWSKY le jeudi 28 janvier 2016.

Une foule d’enseignants, d’étudiants et d’employés de l’Université Paris 8 se sont alors rassemblés pour faire un bilan ému de l’année passée (marquée notamment par la disparition du professeur renommé  en économie de Paris VIII Bernard Marisse lors des attentats de Charlie Hebdo, événement avec lequel la présidente à commencé son discours).

Photographie d’Olivier Bruaux
Photographie d’Olivier Bruaux

C’est un message de bienveillance et d’appel à la mobilisation que nous a fait passer madame Tartakowsky. Son discours a été ponctué de photographies du « Grand 8 » mais également d’une courte vidéo de promotion de l’Université où l’on peut voir à quel point il fait bon d’
étudier dans un environnement si propice à la réflexion critique et à la recherche.

Nous remercions donc sincèrement l’Université Saint-Denis Paris VIII de nous avoir convié à cet événement et espérons sincèrement pouvoir collaborer avec ses équipes en cette année 2016.

Clémence THIBAULT
Co-présidente de l’association AP2i

Les 400 vues à l’Alliance française de Dublin : retour sur le vernissage de l’exposition photographique

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Le 14 janvier dernier, a eu lieu le vernissage de l’exposition photographique des 400 vues, organisé par AP2i, à l’Alliance française de Dublin.

Dans une ambiance conviviale, journalistes, photographes, professeurs et autres curieux ont observé un Paris étranger aux clichés : l’occasion pour eux de découvrir la diversité parisienne sous un point de vue atypique. Entre deux bouchées de galette des rois, le public franco-irlandais a souligné la qualité des photographies et l’intérêt d’un tel projet. On notera d’ailleurs le succès de la photo du parisien et de sa cigarette auprès des spectateurs.

Cette exposition fait suite à la rencontre photographique de l’été dernier : 20 jeunes (de 18 à 30 ans) provenant de 5 pays différents (Egypte, Slovaquie, Roumanie, Turquie et France) avaient sillonnés les rues de Paris et posés leur regard sur la ville à l’aide de leur appareil photo.

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Les spectateurs apprécient les photos tout en dégustant un verre de vin

Grâce au projet des 400 vues, la diversité et l’échange ne se retrouvent pas seulement dans les photographies, et le vernissage de l’exposition à Dublin a également été un moment de rencontre et d’échange franco-irlandais. Les spectateurs appréciant les photos et dégustant un verre de vin

Cette exposition est d’ailleurs la première d’une série : le public parisien peut d’ores et déjà apprécier les photographies à la Galerie de la maison des initiatives étudiantes de Bastille (3ème arrondissement), jusqu’au 6 février. Par la suite, les photos seront exposées dans chaque arrondissement parisien.

Alors si l’envie vous prend de découvrir la capitale sous un regard original, n’hésitez pas à retrouver toutes les informations sur les pages facebook d’AP2i et des « 400 vues » pour avoir plus d’information sur les lieux d’exposition.

L’équipe AP2i

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Gastronomie estudiantine durant la cinquième édition du dîner interculturel d’AP2i

ledinerLe 7 décembre dernier à La Marelle, Ap2i s’est réunie pour son rendez-vous gastronomique favori, le dîner interculturel qui en est déjà à sa cinquième édition. Le principe reste le même, chaque personne amène un plat d’une certaine région qui lui tient à cœur pour le faire partager à tous.  L’objectif? Faire partager nos expériences culturelles autour de petits plats et favoriser la curiosité des pratiques d’autres pays et régions.

Correction du quiz en toute transparence
Correction du quiz en toute transparence

Au programme, plusieurs activités, dont un quiz, particulièrement retors. On ne révèlera d’ailleurs pas le score de certaines équipes, par souci de dignité et de décence. Pour ce qui est des plats, on retiendra tout particulièrement les samossas végétariens de Bella, vraiment délicieux.

On vous attend pour le prochain dîner interculturel d’Ap2i, le 18 février 2016 à La Marelle, pour une soirée à la thématique franco-américaine. Là encore, la formule « potluck » est prévue, alors n’hésitez pas à amener vos plats favoris!

L’équipe Ap2i