Les 400 vues à la Galerie de la maison initiatives étudiantes

12615299_810721119056729_2789438310497166676_oDu mardi 26 janvier au samedi 6 février, venez découvrir à la Galerie de la maison initiatives étudiantes de Bastille (3ème arrondissement), l’exposition des 400 vues, organisée par l’association Ap2i.

La particularité du projet des 400 vues est de faire découvrir Paris dans sa quotidienneté, au-delà des clichés touristiques vus et revus. Ainsi, tout au long de l’exposition, on redécouvre la capitale rythmée par ces moments a priori insignifiants, et qui pourtant sont la clef de son charme. Les photographies ont été réalisées par de jeunes euro-méditerranéens âgés de 18 à 30 ans, venant de France, de Turquie, de Slovaquie, de Roumanie, et d’Egypte, qui ont accepté d’aller à la rencontre de la Ville Lumière et de la côtoyer dans toutes ses dimensions, de sa délicatesse à son arrogance.
L’apostrophe de l’exposition « Et vous, quel sera votre Paris ? », retranscrit avec efficacité l’attitude adoptée lors de la réalisation des clichés, et celle que nous espérons vous faire embrasser lors de votre visite. Ce n’est pas Paris, ni leur Paris, que vous pourrez apercevoir, mais bien le Paris de tout un chacun, dans sa pluralité comme dans sa singularité. Face aux vingt photographies spécialement sélectionnées pour la Galerie sous le thème « Territoire urbain / Territoire identitaire », le visiteur pourra porter son attention aux petits détails de la vie, tels que les gestes anodins, les lieux qui nous sont familiers, ou encore les coins de rue qui nous échappent, trop occupés à être pris dans la spirale dynamique de nos journées stressantes.
Alors respirez le temps d’un instant, et venez prendre le temps de voir ce que vous ne vous êtes jamais laissés le temps de voir.
Merci à la Galerie de la maison initiatives étudiantes, et tout spécialement à Charlotte Lajargue, pour avoir redonné vie à ce lieu et permettre à de tels projets de se réaliser.

 

L’équipe d’Ap2i

L’équipe du Conseil d’administration d’AP2i pour la saison 2015-2016


 Clémence Thibault , Co-présidente et Chargée des partenariats pour les « 400 vues ».

Stéphane Assezat

, Co-président, Fondateur.

Pauline  Serrus

, Trésorière.

Bella Cogan

, Secrétaire.

Imane Assad

, Administratrice, Responsable de la communication.

Mahaut Taudière

, Administratrice, Coordinatrice des « 400 vues »

Julie Heintz

, Administratrice, Coordinatrice du « Label ».

 

Communiqué d’AP2i

Les membres d’AP2i se joignent aux nombreuses voix qui s’élèvent pour soutenir toutes les victimes des actes terroristes ayant eu lieu vendredi 13 novembre 2015 au soir en Seine-Saint-Denis et à Paris.

Rappelons-nous qu’il vaut mieux répondre à la peur par plus de démocratie, de liberté et de tolérance.

« Imagine all the people living life in peace » – John Lennon

Paris, le 14 novembre 2015

Merci à Bertille Violain pour cette illustration.

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AP2i revient pour sa 5eme édition du Dîner Interculturel !

Suite à nos derniers succès, nous sommes de retour plus motivés que jamais pour partager un moment dégustatif et interculturel en votre compagnie.
Le principe reste le même ; amène AP2i revient pour sa 5eme édition du Dîner Interculturel !

Suite à nos derniers succès, nous sommes de retour plus motivés que jamais pour partager un moment dégustatif et interculturel en votre compagnie.

Le principe reste le même ; amène un plat emblématique de ta région, de ton pays, ou tout simplement un plat d’un voyage passé, afin de le faire partager, que l’on puisse vivre tous ensemble une expérience interculturelle.

En bonus, la soirée sera rythmée par quelques activités : un quizz interculturel & une playlist internationale.

Alors si ton ventre s’est réveillé à la lecture de ces quelques phrases, si ton imagination s’est emballée, et si tu es guidé par le désir ardent de la découverte autour d’un bon verre, c’est le moment de participer et de venir nous rencontrer !

Révèle-nous tes talents cachés, laisse ton palais parler, et rejoins-nous le lundi 16 novembre à 19h à la Marelle. !un plat emblématique de ta région, de ton pays, ou tout simplement un plat d’un voyage passé, afin de le faire partager, que l’on puisse vivre tous ensemble une expérience interculturelle.
En bonus, la soirée sera rythmée par quelques activités : un quizz interculturel & une playlist internationale.
Alors si ton ventre s’est réveillé à la lecture de ces quelques phrases, si ton imagination s’est emballée, et si tu es guidé par le désir ardent de la découverte autour d’un bon verre, c’est le moment de participer et de venir nous rencontrer !

Révèle-nous tes talents cachés, laisse ton palais parler, et rejoins-nous le lundi 7 décembre 2015 à 19h à la Marelle !

— L’événement Facebook —

La Marelle
20 rue Breguet, 75011 Paris

Interview d’AP2i, réalisée par Radio Sorbonne Nouvelle, lors du Forum des Associations 2015 à Paris 3 – Sorbonne Nouvelle



Merci à Radio Sorbonne-Nouvelle
pour cette interview réalisée lors du Forum des associations de Paris 3 !


Merci à tous ceux qui sont venus nous rendre visite
lors des Forum de Paris 3 et Paris 8:
leur attention nous a fait chaud au coeur et nous encourage
à continuer nos actions avec conviction et bonne humeur !


Nous avons eu le plaisir d’offrir pour la première fois notre activité Sleeveface, et de présenter notre association et nos projets aux étudiants.

Si vous êtes intéressé(e) par AP2i, vous pouvez vous rendre sur notre article ou notre album « Fiches de postes » sur Facebook afin de vous projeter quant aux missions que vous aimeriez accomplir avec nous !

Et pour en savoir plus sur le bénévolat au sein de cette association, vous pouvez :
Nous contacter via notre page Facebook /
Nous envoyez un mail à contact@ap2i.org /
Ou remplir le formulaire sur votre droite /

Participez à la création du label de cinéma « AP2i aime » jeudi 24 septembre !

AP2i vous invite à participer à la création d’un label interculturel de courts-métrages !

Avec “AP2i aime ce court” nous désirons labélliser des courts-métrages qui mettent au cœur de leur sujet le dialogue entre les cultures.
Ils seront ensuite présenter lors de soirées « carte blanche » et ils seront mis à la disposition des festivals et des cinémas d’Ile-de-France.

Nous désirons réunir toutes personnes intéressées par ce Label, par les questions d’interculturalités et par le cinéma lors d’un Café Labo le jeudi 24 septembre dès 19h15.
Chaque participant est invité à apporter sa pierre à l’édifice pour aider AP2i à développer ses critères de sélection de court-métrages et construire ce label.

Nous vous proposons de venir échanger entre professionnels, artistes et particuliers autour des diverses questions qui nous traversent afin de nous éclairer sur le lien qui existe entre cinéma et interculturalité : comment associer interculturalité et cinéma? Comment un Label peut soutenir la diffusion d’un court-métrage?

Nous vous attendons nombreux pour venir discuter de la création de ce Label !

Infos pratiques :
A la Grande Fantaisie, 9 quai de l’Oise, 75019
Dès 19h15.
Evénement Facebook : https://www.facebook.com/events/1644560225784141/

Merci par avance de vous inscrire via le formulaire en ligne afin d’organiser au mieux le Café-Labo !

Le nouveau projet d’AP2i, la création d’un Label pour les courts-métrages interculturels

Cinéma et Interculturalité

Aujourd’hui, le cinéma est devenu un exemple parfait d’une pratique artistique ancrée dans le dialogue entre les cultures. Au fil des années, le cinéma est devenu un art qui s’exporte, qui s’importe et surtout qui se partage au delà des frontières nationales. Aux côtés des films strictement nationaux, nous voyons apparaitre de plus en plus des coproductions internationales faisant intervenir plusieurs pays et créant donc une interaction entre les divers acteurs provenant de ces pays. Ainsi, il est de plus en plus commun de voir un film franco-canadien, ou italien-allemand et encore même franco-belge-italien-anglais-marocain.

Mais alors que le nombres de coproductions internationales augmentent, il faut bien avouer que nous rencontrons tous quelques difficultés quand il s’agit de parler de cinéma bulgare, de cinéma colombien, de nommer un cinéaste suédois, etc.

AP2i veut faire son cinéma !

Ce n’était donc qu’une question de temps avant qu’AP2i décide de se pencher sur la question du cinéma. Depuis sa création, AP2i a toujours été attaché à promouvoir le dialogue interculturel au travers de pratiques artistiques et maintenant nous souhaitons créer notre label de cinéma “AP2i aime” pour apporter notre aide à la diffusion de courts-métrages qui mettent au coeur de leurs sujets l’interculturalité et la rencontre des cultures.

Genre cinématographique peu diffusé mais très riche d’un point de vue quantitatif et qualitatif, le court-métrage a beaucoup à offrir et AP2i souhaitent soutenir leur diffusion grâce à son Label.

Mais qu’est-ce que le Label?

Le Label est le tout nouveau projet d’AP2i qui prend forme petit à petit et autour du quel nous voulons réunir un certains nombres de partenaires pour nous accompagner. Après avoir lancer un appel à participation pour constituer un catalogue de courts-métrages à labéliser, AP2i souhaiterait constituer une équipe de programmation et un jury qui aurait la mission importante de sélectionner parmi ce catalogue un certain nombre de courts qui se verront attribuer l’appellation “AP2i aime ce court”.

Mais conscient qu’un simple label ne suffira pas à promouvoir ces courts, AP2i veut aller plus loin en accompagnant leurs diffusions et leurs circulations auprès de festivals, de cinéma, et d’associations favorisant leurs distributions. Ainsi, nous esperons pouvoir donner une vie à ces courts-métrages qui deviendront des portes-paroles des valeurs de l’interculturalité et du dialogue entre les cultures.
Si vous souhaitez plus d’informations sur le Label ou si vous souhaitez prendre part au projet, contactez-nous à label@ap2i.org et venez assister à notre Café Labo spécial “Label” le jeudi 24 septembre 2015 à partir de 18h30 à la Grande Fantaisie.

Les 400 vues, un projet photographique interculturel

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Les vingt jeunes de Turquie, Roumanie, Slovaquie, Egypte et France se sont imprégnés de l’atmosphère Parisienne du 15 au 28 juin. Ils ont exploré des espaces inhabituels de la capitale tandis qu’ils ont pu en découvrir davantage concernant la photographie et les autres cultures.

Ils ont eu l’opportunité de se promener dans différents endroits de la Ville Lumière avec des spécialistes les guidant au sein de quartiers rarement fréquentés par les touristes.

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De nombreux ateliers pédagogiques ont été organisés, notamment autour de la thématique de l’urbanité qui constitue un leitmotiv pour les séries photographiques.
Les jeunes se sont en effet focalisés sur l’axe « territoire urbain, territoire identitaire » afin d’effectuer leurs compositions.

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Durant les ateliers d’édition, Gabriel Jones et Alice-Anne, deux professeurs photographes ont enseigné aux participants comment aiguiser leur regard sur leur travail. Ils leur ont procuré des conseils ainsi que des outils pour parvenir à sélectionner leurs clichés dans la perspective de les exposer. Au demeurant, chacun a choisi 20 images qui seront présentées au public parisien en 2016.

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Des visites de musées (Musée de l’immigration & Maison Européenne de la photographie) ont également été réalisées pour les rendre d’autant plus sensibles aux thèmes en lien avec le projet.

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De plus, chaque group leader d’équipe s’est chargé d’animer un atelier de leur choix. Certains avaient pour objectif de renforcer les liens entre les jeunes, tels que des jeux et énergisants pour souder les groupes. D’autres se focalisaient sur la capacité à imaginer et construire un projet à plusieurs. L’idée était de leur montrer la complexité d’un tel challenge. Ils devaient s’écouter mutuellement et apprendre à être sur la même longueur d’onde.

Ce que les 400 vues me donnent à voir et à penser

– par Jérémie Duhauga, étudiant en philosophie

AP2i travaille pour l’interculturalité dans l’espace euro-méditerranéen et Les 400 vues est une exposition de 400 photographies d’une seule et même ville. On peut donc légitimement se demander en quoi ce projet si local, si focalisé sur la capitale française, correspond bien aux ambitions de l’association qui l’a mis en place. N’aurait-il pas été plus pertinent de demander à des photographes de fournir des clichés de leurs propres villes, de nous donner à voir leurs propres cultures « en situation » ? L’exposition aurait sûrement été plus variée, plus colorée, plus exotique, mais peut-être l’interculturalité ne commence-t-elle véritablement que là ou l’exotisme prend fin ; car que serait-il advenu de la communication entre les cultures dans une exposition qui aurait tout aussi bien trouvé sa place dans un musée d’anthropologie ?

Ce que montre nettement cette exposition et le travail d’AP2i, c’est que l’interculturalité ne consiste pas en une connaissance uniquement extérieure de la culture d’autrui (il ne s’agit pas seulement de savoir « qu’ailleurs ils font comme ça »), et le projet des 400 vues en met en pratique une conception beaucoup plus forte et politique. Par le choix d’un espace neutre : Paris, et l’élaboration d’un projet commun : photographier cette ville que chaque participant a découverte à l’occasion de la rencontre, AP2i nous donne à voir et à penser une interculturalité aussi éloignée de l’exaltation de la différence pour la différence que de l’absorption des cultures locales dans une super-culture globale. En effet, c’est dans un espace commun que la culture de l’autre m’est donnée à voir, et non plus chez lui. Ainsi, sa culture ne m’apparaît plus « en situation » et de manière pittoresque, mais devient un élément d’une situation toute nouvelle et à construire ensemble. C’est l’égalité de la découverte qui permet la neutralité de l’espace à découvrir, et c’est seulement dans un tel espace que la communication peut commencer sans qu’aucun ne regarde l’autre comme une pièce de musée ou un objet folklorique.

Rien ne pouvait donc être plus adapté aux ambitions d’AP2i que de traiter Paris comme un espace commun à éclater dans le regard de chacun et à reconstruire ensemble à travers une exposition collective, et dans lequel chacun aurait autant à apporter que tous les autres. Choisir de photographier Paris depuis cette variété d’ancrages culturels, multiplier les point de vue sur cet objet commun, c’est assumer le refus de faire se rencontrer des clichés, des caricatures de mœurs et de valeurs, c’est assumer que l’interculturalité concerne avant tout des personnes qui ont eu la chance de ne pas grandir ensemble.

Reza et sa photographie, un regard sur autrui

Le 13 avril dernier, la Cité Internationale Universitaire de Paris organisait une conférence autour du photo-journaliste Reza. Le Meet & Tweet mis en œuvre permettait d’écouter cet humaniste aborder “l’image de l’autre” et son ambition de “permettre à chacun de devenir acteur de sa propre vie, et montrer les singularités de tous pour nous rendre indifférent aux différences.” AP2I était présent à l’intervention de ce philosophe inspirateur et voici ce que nous en avons retenu.

D’origine Iranienne, ce partisan de la paix a voyagé à travers la planète pour saisir des regards émouvants. Les portraits qu’il réalise sont publiés entre autres dans le National Geographic et sont reconnus pour leur caractère saisissant. Il a la volonté de mettre en valeur les diverses cultures afin de les faire dialoguer. “Le thème de l’image de l’autre, c’est ce que je fais constamment. Pour moi les médias sont un moyen d’expliquer l’image de l’autre” narrait-il. Chacun de ses reportages est pour lui une manière de transmettre ce qu’il a appris à travers ses rencontres.

L’image comme langage universel

Reza envisage la photographie comme un moyen d’expression pouvant être compris à travers le globe. Rappelons-nous l’épisode biblique de la Tour de Babel qui raconte comment les hommes ont voulu construire une immense tour et comment, pour les punir de leur vanité, ils ont été condamnés à ne plus se comprendre, séparés par de multiples langages. L’animateur demande à Reza s’il est possible, grâce à l’image, d’outrepasser ce fameux mythe de désunification linguistique. Il répond que celle-ci prend de plus en plus d’ampleur et pourrait mener à une compréhension commune. Le photographe fait alors référence à l’utilisation frénétique de smileys dans les conversations et nous démontre que, de nos jours, bien après les hiéroglyphes, des signes résistent. Il s’agit selon lui d’une preuve que nous allons vers une civilisation où l’image devient essentielle pour communiquer.
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“Pour moi l’image est la plus grande langue que l’humanité ait jamais connue, elle devient un langage universel, on peut aussi bien montrer des images au Japon, en Chine, en Afrique, en Amérique centrale, pour que les gens aient le même genre de conversation. C’est l’histoire des êtres qui m’intéresse. J’essaye dans mon travail de m’effacer en tant que photographe, de façon à ce que quand quelqu’un regarde une image, il ne pense pas au photographe qui a fait la photo mais la personne qui est en face de lui. C’est créer ce face à face qui m’importe.”

Bien entendu, il ne nie pas que certaines cultures ont des codes différents, notamment pour les couleurs. Le blanc en Corée et en Chine correspond au deuil et non au mariage, ce qui mène parfois à des confusions interculturelles. Selon l’éducation et la culture, l’interprétation d’une image et toute sa symbolique peut aussi sensiblement varier. Reza est néanmoins certain qu’elle peut être lue par tous, même si parfois certains signes seront décryptés différemment.

Le langage ordinaire nécessite l’apprentissage d’un alphabet, pour celui de l’image il est utile de s’approprier les techniques photographiques. En ce qui concerne le temps requis pour les assimiler, il explique que l’appareil photo est comme un instrument de musique, ainsi, certains apprendront plus rapidement. “C’est pas l’appareil, c’est aussi tout ce que vous avez dans le cœur qui importe”.

Pour lui, les enfants devraient avoir la possibilité de s’exprimer à travers la photo afin qu’ils nous livrent, sans mots, leur histoire. “Je ne suis pas venu à la photographie par l’amour de l’art, c’est à un moment, à 9-10 ans, je voyais des scènes dans ma rue et je voulais les montrer aux gens.”

L’image pour aider l’autre

Reza milite pour la paix et l’entente entre les peuples et se sert de l’image afin de mener des actions altruistes. Il a notamment œuvré à réunir des enfants et leur famille séparés par l’exode qui a suivi le génocide du Rwanda. Sur 12 000 enfants pris en photographie, 3500 ont retrouvés leurs parents grâce à son projet. “La photographie va au-delà de ce que l’on voit et ce que l’on comprend. C’est en train de créer une nouvelle ère de résistance. Combien d’actions ont été menées grâce à la photo ? Combien de personnes ont changé leurs avis sur des événements en voyant des photographies ?” Il croit au pouvoir mélioratif de la photographie sur l’humanité.

Il a également fondé l’ONG AINA pour former aux médias des femmes afghanes. Grâce à cette institution, un journal des femmes a été conçu ainsi qu’une radio, un magazine pour enfants et un cinéma itinérant allant de villages en villages.

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Convaincu que l’image est un outil communicationnel essentiel, il offre des formations à l’image aux jeunes. Ainsi il a transmis sa passion à des adolescents de banlieues défavorisées dont Toulouse (Mirail).Peu de gens savent ce qui se passe dans les banlieues autour desquelles ils vivent. Les gens disent que c’est risqué d’aller dans ces quartiers. Après six mois de formation, les jeunes montrent des photos d’une poésie incroyable et ceux qui les regardent se disent “c’est comme chez nous”. C’est ça qui est important, c’est de créer ce lien social. Les banlieues ce sont les crises d’identité, la photo permet de dépasser cela.” Un dialogue peut être engendré par l’image pour évincer les préjugés.

En Syrie, en Irak ou encore au Kurdistan, c’est à des enfants de camps de réfugiés qu’il s’est attaché. En leur apprenant à photographier leur quotidien pour relater ce qu’ils vivent, il a trouvé le moyen de mettre en lien les individus par des histoires dont la compréhension traverse les frontières.

Gandhi, Mandela, Massoud sont des figures vertueuses qui l’inspirent. Le photographe est convaincu que l’individu, à son échelle, peut changer le monde.

L’image pour un dialogue interculturel

20110624Avant tout, Reza est à l’écoute des personnes qu’il rencontre et se plaît à narrer des anecdotes marquantes, notamment celle du garçon qui avait planté un grain et tenait une plante en germe “Je lui ai demandé ce qu’il voulait en faire il a dit “je vais en faire un arbre” alors qu’il n’y avait plus d’arbres dans le village, tout avait été détruit. C’est grâce à ces petites rencontres dans les rues, que les gens deviennent vos maîtres à penser.” Ses photographies aspirent à relayer ces fables du réel.

Au cours de ses expéditions, il a rencontré des communautés religieuses qui se respectaient mutuellement. Des chrétiens et juifs qui cassaient le ramadan avec des musulmans autour d’un dîner tous ensemble “Ce genre de vie entre différents groupes, ça existe et c’est possible. Ceux qui parlent de paix universelle ne sont pas des rêveurs !” Il avait réuni trois enfants de Jérusalem pour un cliché : un chrétien, un musulman et un juif qui se nommaient tous selon le prophète Abraham, fondateur des trois religions.

Les relations interreligieuses ne sont pas une utopie, il est possible de “vivre en paix, vivre ensemble.”

Pour atteindre le concept de l’intégration “la première chose à faire c’est de laisser chaque personne s’épanouir dans sa culture. Si cet épanouissement se fait dans le respect, tous seraient enrichis et pourraient en sortir le meilleur. À partir du moment où l’on va contraindre quelqu’un à ne pas épouser sa culture, on crée une frustration. Tout ça n’est que méconnaissance de l’autre. C’est peut-être par l’image que l’on peut se faire connaître différemment”

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AP2I partage les valeurs et convictions véhiculées par ce prodige de la création visuelle. Le projet les “400 vues” vise à favoriser un échange interculturel par la photographie.

Le discours de Reza plein de sagesse est sans conteste captivant. Durant un instant poignant de la présentation, sur l’écran apparaît la formule “ART IS THE SOLUTION”. Reza poursuit “mais avant tout” puis la diapositive change et deux lettres sont ajoutées : “HEART IS THE SOLUTION.”

Son site : http://www.rezaphoto.org/